






Bastingage
Est-ce que je peux coudre la mer ?
Là,
À ma porte,
A ma poche,
La lisser, brillante sous mes pieds,
La caresser docile,
Enfermée dans les plis du tissu,
Cernée par les coutures…
Est -ce que je peux couler les naufrages ?
Évanouis, je les teinterai de rose dans une aube sûre…
Si je me perds dans les remous de la robe,
Si je me fonds dans ses méandres,
Me cabosse à ses détours,
Qu’Elle, lui soit étale !
Le mot Lueur alors reprendra tout son sens,
Sa chaleur, son mystère,
Sa part d’ombre et sa clarté,
Le poignant fragile…
Pendant que je suis là,
Pendant que je l’attends,
Jointures crispées,
Pieds trop sages sous la nappe des jours ordinaires,
J’entends la soie des bals,
Je revois ses mains sur mes hanches ;
Bastingage.
Anne Sophie Oury Haquette
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