Famille

Famille

On est venus comme ça,

Sans chercher à comprendre (et quoi ?)

De loin,

D’ailleurs,

D’on ne sait où,

D’un désir,

D’une obscurité,

D’une soif de lumière,

De l’ombre ;

On est venus embringués dans l’aurore,

Empêtrés dans les racines,

Au bord du déséquilibre,

À deux doigts de la chute,

Intranquilles,

Immobiles,

Pêle -mêle,

Vaille que vaille,

À porter sur nos dos fatigués

Les secrets d’inconnus qu’on dit nôtres,

On est venus jamais neufs,

Jamais légers,

Arrimés au silence.

Pourtant vient l’envie,

Indicible, prégnante;

Vient ce jour :

On se met à dévider l’écheveau des chagrins,

Assis à la table des cuisines,

Dans les odeurs d’avant

,qui restent,

On lisse,

On étale,

On abandonne,

On flatte du plat de la main

Pour mieux rechiffonner ;

Et quand les écorchures s’agrandissent,

On veut recoudre,

On raccommode,

Jusqu’à la cicatrice ;

Est -ce qu’on répare ?

©ASOH

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