le soir descend si vite sans cet été qui, déjà, ressemble à l’automne;
Ils sont tous là;
Est-ce qu’ils savent que la nuit embrasse la rivière?
Lui est assis sur le banc, près du saule,
Immobile,
Son frère se tient debout derrière lui, les mains posées sur ses épaules,
Les lisse du plat de la main,
pour adoucir, pour rassurer?
Le troisième à leurs pieds lance un caillou dans l’eau,
cherche son image fragmentée au miroir multiple du remous…
Un autre s’est allongé sur la mousse,
Eprouve juste la caresse brune sous le dos…
A la lisière, celui là sourit au rouge-gorge posé sur sa paume ouverte ,le temps de reprendre son minuscule souffle d’oiseau;
Les deux plus jeunes se font face ,reprennent à l’unisson un chant de leur enfance;
Ainsi il ne meurt pas,
Ni leur mère.
Tous ont ce même souvenir du père qui les porta au retour de la fête, endormis, tête renversée en arrière, nimbés de lune, abandonnés à l’infinie tendresse oublieuse de sa charge.

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