Quand la nuit descend,
Je chuchote à vos rêves dans le creux de mon ventre,
Vous courez éperdus,
je vous cueille au passage,
je vous berce,
Vous retrouvez souffle,
Vous retrouvez Vous, tout entier,
Celui-là même que vous aviez laissé en chemin,
Confiant, lumineux;
Plus tard, je dresse à vos faims une table de fête sous les arbres,
Où retrouver le peuple des forêts
-même le lynx, quand je penserai qu’il est trop tard!-
C’est là que tout le jour, jusqu’à la nuit, je couds vos moiteurs d’enfance dans les senteurs de blé craquant,
d’herbe sèche,
Et comment c’était bon de se retrouver, lourds des heures passées loin,
dans le bruit de nos coeurs!
Je couds vos meurtrissures,
La rudesse des armures endossées,
Je pique les rumeurs , les bruits de couloir,
Les secrets volés aux portes entrebâillées,
Les mains ouvertes à la neige,
Celles qui se tordent,
Je vous suis, encore, toujours,
Egarés,absents,
Je connais le grain de vos peaux,
Tout ce qui s’est déchiré un jour, je le rassemble,
J’essaie,
Sans jamais cesser de vous aimer.

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